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« Au train où vont les choses, les choses où vont les trains,cesseront bientôt d’être des gares... »

SOS Gares a assisté le 29 novembre à la restitution publique des représentants du CSE SNCF TER Paris-Normandie, axée sur un projet de réorganisation des gares SNCF de l’axe nord (Seine-Maritime et Eure). Cheminots, associations d’usagers et élus politiques y étaient conviés ; la direction SNCF, les représentants de la majorité siégeant au Conseil régional déclinant quant à eux cette invitation…


SOS Gares a ainsi pu vérifier, à l’écoute du cabinet d’expertises DEGEST missionné pour ces travaux, du bien-fondé de son action et de la prévision de Pierre DAC titrant cet article. Du reste, c’est le 1er avril 2023 que cette réorganisation devrait être applicable. Pour autant, ni farce ni canular pour ce poisson au goût amer, mais bien une nouvelle dégradation en vue du service public ferroviaire en Normandie !

Nul doute que l’humoriste aurait apprécié et parodié le changement de sémantique contenu dans ce projet rejeté à l’unanimité par les organisations syndicales représentatives des cheminots : les gares sous le coup de « détourage » devenant des « plateformes », leurs chefs des « Superviseurs » ou autres « gestionnaires de plateformes », etc... Autant d’appellations empruntées aux secteurs de la logistique et de l’aérien ; reste que les contraintes du rail ne s’apparentent pas à l’acheminement de colis ni à celles de pistes d’atterrissage, où alors en acceptant d’en subir les mêmes limites et désagréments…

La libéralisation du rail et l’ouverture à la concurrence imposerait cette réorganisation. De fait, Gares & Connexions, filiale de SNCF Réseau, étend progressivement son champ d’action avant même l’arrivée d’opérateurs ferroviaires autres que celui historique ?! Qui plus est, pour nous en Haute Normandie, alors que le 1er lot ouvert à la concurrence, voté au Conseil régional le 17 octobre dernier, concerne à l’horizon 2026… l’étoile ferroviaire de Caen ?!

Découle également de ce projet une nouvelle saignée de l’ordre de 25 % des effectifs cheminots dans les gares normandes, actant toujours plus la déshumanisation de celles-ci. Un total de 54 emplois de cheminots supprimés, s’ajoutant à la centaine déjà perdue ces six dernières années.

Inutile en ces conditions de préciser l’impact sur la sécurité, la sûreté, les conditions d’accueil et d’accès aux trains, singulièrement pour nombre d’entre nous à mobilité réduite. Enfin, à la clef, c’est à court terme la fermeture de tous les guichets en gares, l’accentuation de la dématérialisation des titres de transport et la généralisation des automates de vente.

À l’exemple de celle de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, censée perdre son guichet de vente à la fin du 1er trimestre 2023, toutes les gares en tête de lignes de notre projet de Service Express Métropolitain (SEM A, B et C), pourraient en être dépourvues. De quoi minimiser et nuire à l’annonce présidentielle du week-end prônant le développement de RER métropolitains dans dix métropoles françaises. Notons encore que la gare de cette commune observe une hausse constante de ses ventes (plus 120% dès 2022), alors que les instigateurs du projet ont pour référence, non sans incohérence, l’année 2021 fortement impactée par la pandémie de Covid ?!

En ces conditions et en cohérence avec son action de promotion du service public ferroviaire, SOS Gares alerte quant aux nuisances de ce projet et se porte d’ores et déjà aux côtés des cheminots et de tous les citoyens désireux d’en finir avec cette logique mortifère, afin de s’y opposer au mieux…


Vous trouverez en pièce jointe, ce compte rendu au format PDF ainsi que la vidéo de la réunion :


221130-SOS Gares-info pour site internet
.pdf
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